Les restes du Caravage retrouvés et identifiés – 2010

Portcaravage self portraitrait du Caravage (Michelangelo Merisi dit il Caravaggio). Dessin de Ottavio Leoni (1587 – 1630). Biblioteca Marucelliana. Florence. [Leemage]
Les restes du Caravage retrouvés et identifiés
Article extrait de : Le Monde.fr avec AFP | 16.06.2010

 » Les restes du peintre italien Le Caravage (1571-1610), qui était atteint de syphilis et de saturnisme, ont été retrouvés et identifiés grâce des analyses au carbone 14 et ADN, a annoncé mercredi le Comité Caravage, composé de scientifiques et d’universitaires italiens.

Après plus d’un an de recherches sur des ossements prélevés dans l’ossuaire d’une église de Porto Ercole en Toscane, « l’équipe scientifique peut affirmer que les restes osseux retrouvés à Porto Ercole appartiennent à Michelangelo Merisi [véritable nom du peintre] avec une probabilité de 85 % », indique le comité dans un communiqué. Le Caravage serait mort des suites du paludisme dans la région de Maremme, dans le sud de la Toscane, qui était à l’époque une zone marécageuse. Il fut enterré dans le petit cimetière de Porto Ercole, d’où les corps furent prélevés en 1956 pour être ensevelis pêle-mêle dans la crypte de l’église.

Afin d’éclaircir le mystère de la mort du peintre, quatre universités italiennes s’étaient associées au projet confié à des experts en microbiologie, des historiens de l’art et des anthropologues, pour donner une « sépulture adéquate » à Michelangelo Merisi. La recherche a été coordonnée par le professeur d’anthropologie osseuse Giorgio Grupponi, de l’université de Bologne, qui a travaillé notamment à la reconstruction du visage de l’écrivain Dante Alighieri.

« INTOXICATION CHRONIQUE AU PLOMB »

En décembre, les scientifiques avaient ouvert l’ossuaire et prélevé de grandes quantités d’ossements pour les transporter à Ravenne, qui abrite le département d’anthropologie de l’université de Bologne. Les chercheurs ont dû examiner les restes d’environ 200 personnes, et ce sont finalement les restes osseux enregistrés sous le numéro 5 qui ont été attribués au peintre, car ils appartenaient à un homme d’environ 38-40 ans (Le Caravage est mort à 39 ans) et décédé dans une période englobant l’année de sa mort (1610). En outre, autre indice probant, alors que Le Caravage souffrait apparemment de saturnisme, ces ossements présentaient une teneur anormalement élevée en plomb.

« Au cours de ses recherches, le comité a retenu vraisemblable que le peintre était atteint d’une intoxication chronique au plomb et de la syphilis […]. Pour ce qui concerne les causes de sa mort […], nous retenons comme tout à fait dignes de foi les hypothèses d’infection générale et surtout de ‘coup de chaleur' », souligne le communiqué.

Le Caravage, célèbre pour ses clairs-obscurs dans des tableaux comme Bacchus, Le Repas d’Emmaüs ou Le Sacrifice d’Isaac, a été décrit au théâtre, au cinéma et dans la littérature comme l’un des peintres les plus tourmentés de l’histoire. Il a fait l’objet cette année d’une grande exposition à Rome, qui s’est achevée le week-end dernier après avoir attiré un nombre record de 580 000 visiteurs.  »

Bibliographie sur Le Caravage :
Roberto Longhi, Caravage, Editions du Regard, 2004
Mia Cinotti, Caravage, Ed. Adam Biro, 1991
Mina Gregori, Caravage, Gallimard-Electa, 1995
Giovan Pietro Bellori, Vie du Caravage (1672), Le Promeneur, 1991
José Frèches, Le Caravage, peintre et assassin, Gallimard Découvertes n°254
Dominique Fernandez, La Course à l’abîme (roman). Grasset, 2003