Dans la presse. Malte, tourisme et développement durable.

Malte suit Gozo sur le chemin du développement durable

Lien vers article : Octavie Pareeag de l’Agence Créative CulturElle | 28 Oct. 2015

Cette année [2015], Malte démarre sur les chapeaux de roues son plan de protection de l’environnement, en prenant exemple sur sa «sœur», l’île écolo de l’archipel maltais, Gozo.

Le gouvernement maltais mise sur l’industrie du tourisme
pour faire évoluer durablement les secteurs économiques et sociaux.

Depuis son adhésion à l’Union Européenne en 2004, Malte élabore un programme politique ciblé sur 2015-2020, avec pour objectif la mise en avant des aspects positifs et attractifs du pays pour les visiteurs, mais aussi, pour la population locale. Politique touristique qui parie notamment sur le développement durable et est lancée cette année.

Un environnement à respecter

Si Gozo, l’île secondaire de l’archipel maltais, s’inscrit dans un programme de développement durable ambitieux, il subsiste un véritable contraste lorsqu’il s’agit de la protection de l’environnement chez sa grande sœur, l’île de Malte. En commençant par les déchets qui envahissent l’île. Pourtant précise Vincent Attard, le président exécutif de l’association Nature Trust Malta, « la collecte des déchets est un service gratuit, à la fois pour les déchets ménagers et les déchets à trier. Les nouvelles campagnes de recyclage viseront bientôt les déchets organiques.» Mais il y a là toute une éducation à faire.

 – (Crédit photo : Vanicsek P倀er)
Des déchets mais aussi de la pollution. Car si Malte compte seulement 420 000 habitants, elle recense en moyenne 320 000 voitures sur son petit territoire. «On peut passer plus de 2 heures pour parcourir seulement 7 km», explique Vincent Attard. Conséquence, affirme-t-il, de transports en commun encore trop peu développés.

Mais tout n’est pas noir : depuis 2004, Malte parvient à décrocher le fameux label Pavillon Bleu, qui évalue la propreté des plages européennes (créé par l’office français de la Fondation pour l’Education à l’Environnement en Europe en 1985, le Pavillon Bleu valorise chaque année les communes et les ports de plaisance qui mènent de façon permanente une politique de développement touristique durable). Aujourd’hui, huit plages (dont Golden Bay) et baies de l’archipel ont été récompensées pour leurs efforts environnementaux.

Une eau maltraitée

Mais le problème majeur reste le traitement de l’eau. « Aujourd’hui, 50% de notre eau provient des usines de dessalement, détaille Vincent Attard. Le gouvernement mise sur une gestion durable. » Selon le ministère du tourisme, MTA (Product Development Directorate Malta Tourism Authority), « les principaux objectifs de la politique de l’eau sont la prévention de la détérioration de l’état de l’eau souterraine, la protection, l’amélioration et la restauration de toutes les masses d’eau souterraine, la limitation des polluants dans l’eau. Des normes ainsi que des objectifs pour sauvegarder les zones protégées sont en cours.»

Et côté biodiversité sur l’île de Malte ? « L’île a imaginé plusieurs dispositifs pour protéger la biodiversité, notamment avec la planification des sites, la désignation de zones spéciales de conservation, et les sites Natura 2000 », précise Anthony Ellul, membre dirigeant de MTA.

 – (Crédit photo : Clive Vella)
Si des associations s’investissent dans la protection des paysages et des animaux avec l’aide notamment de vétérinaires bénévoles s’occupant des tortures marines, des dauphins, des chauves-souris ; si la réserve naturelle de Ghadira, sanctuaire d’oiseaux située autour d’anciennes salines s’étend sur 6 hectares et héberge plus de deux cents espèces d’oiseaux, ainsi qu’une flore constituée d’espèces qui s’adaptent à l’eau et au sol salé, le pays est victime de chasse et de braconnage destructifs. Là encore, l’île semble vouloir faire l’éducation de ses habitants.

Gozo, la green île

Comparée à Malte, l’île de Gozo fait alors figure de bonne élève : elle sensibilise sa communauté à réduire l’empreinte carbone, encourageant les pratiques de gestion de déchets, mais aussi, le strict contrôle de l’eau et de l’énergie.

Le projet «Alter Aqua» mobilise les ressources en eau d’une manière durable et rentable, grâce à dix systèmes de récoltes d’eau de pluie, un système de réutilisation des eaux dans le stade de football de Gozo et une application de gestion des eaux pluviales dans la vallée de Ramla.

Sur les toits du Ministère de Gozo, des panneaux photovoltaïques génèrent près de 60% d’énergie pour le bâtiment et plus de 40 000 unités d’électricité pour le reste de l’île.

 – (Crédit photo : Clive Vella)
Ici, on peut facilement vivre une expérience «responsable» grâce à l’association Ager Foundation, qui promeut son offre touristique Gozo Experience. Il est possible de partager le quotidien et les traditions des habitants de l’île : traire une chèvre, préparer un menu traditionnel, profiter d’une journée d’immersion avec un berger, suivre un atelier de fabrication de fromage, pêcher, découvrir le monde viticole, observer des oiseaux, ou encore, explorer l’archéologie et le patrimoine de l’île. Cela peut sembler très (trop) touristique mais la démarche est encouragée par les habitants de l’île, comme un moyen d’échanger et de partager une existence simple et loin des excès de l’industrialisation.

Malte a donc encore du chemin à faire pour être à la hauteur de son île voisine, mais l’application des normes du plan politique 2015-2020 devrait être un tournant écologique décisif.  »